Laïka & H.A.M.
Matthieur Pilaud 2014 credit Laurent Grivet (6) copy
Matthieur Pilaud 2014 credit Laurent Grivet (4) copy
Matthieur Pilaud 2014 credit Laurent Grivet (5) copy
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L'art dans les chapelles

23 ème édition

Chapelle Sainte Noyale

Noyal-Pontivy, Morbihan, Bretagne

Exposée du 4 juillet au 21 septembre 2014

Commissaire : Karim Gaddab


L'art dans les chapelles

24 ème édition

Chapelle Sainte Noyale

Noyal-Pontivy, Morbihan, Bretagne

Exposée du 3 juillet au 20 septembre 2015

Commissaire : Karim Gaddab


Laïka & H.A.M. 

 

2014

Douglas, acier, corde de chanvre

Laïka : 5x5x3 m

H.A.M. : 5x5x5 m



À l'intérieur de la chapelle Sainte-Noyale de la commune de Noyal-Pontivy se sont posés deux curieux objets – H.A.M.1 et Laïka. Campaniformes, les deux sculptures doivent leurs noms aux premiers êtres vivants propulsés par l'intelligence humaine dans l'espace. Comme la Sainte Noyale en quête d'ermitage et de Dieu2, la chienne Laïka et le chimpanzé HAM sont réunis dans la chapelle comme les reliques des grandes ambitions de nations ennemies.

 

Matthieu Pilaud a construit leurs capsules en bois et leurs noyaux en inox, évoquant ainsi la cohabitation du matériau de charpente traditionnelle et le métal froid de l'ère moderne. L'ossature complexe des sculptures évoque une architecturalité que l'artiste souhaite préserver à l'échelle humaine, une monumentalité non totalitaire. La capsule demeure un espace intime et individuel, dont le noyau est protégé par un cocon de bois. Une esthétique mécanique et répétitive devient alors plus proche de l'anatomie, dont la logique harmonieuse est d’une évidence d’avoir toujours été là.

Le rapport entre l'extérieur et l'intérieur s'installe immédiatement à travers la sémi-opacité de la construction. La psychologie de l'objet s'affirme grâce aux motifs produits par le matériau qui en devient la peau et qui se retend en accueillant le noyau. Ce dernier gravite à l’intérieur de la structure tel un atome qui se maintient par la ronde des électrons. L’axiome soulevé par les deux œuvres et les questions d’échelle qu’elle évoque enveloppe alors la chapelle elle-même, et avec elle l’espace entier, tant physique que mental. Ainsi de l’échelle du corps nous passons graduellement à l’échelle de l’espace. Par principe d’emboîtement, le noyau au dessin cruciforme est à la fois un départ et une fin – il se trouve dans la chair de bois comme la capsule se trouve dans la fusée, comme la cloche se trouve dans la chapelle; le principe étant réversible, on en revient à l’atome.

 

Comment ce monde devient-il intelligible? L'usage de l'étalon prend une place cardinale dans le travail de Matthieu Pillaud, qui adopte une compréhension structurelle du monde, balançant dans sa dualité entre l'abstrait, l'irréel, et sa réalisation concrète – c'est en dévoilant sa structure que la substance d'une idée prend littéralement forme. L’œuvre est donc, comme l’écrit Claude Lévi-Strauss, un modèle réduit du monde et moyen de l’appréhension de l’homme du réel. Le moteur de Ham et Laïka, est, dans cette chapelle peut-être, la foi; bien que nous avons atteint le ciel et nous n’y avons pas trouvé Dieu. Telle est la question qu’on peut se poser en regardant le thorax de bois des deux êtres qui enferme un cœur, qui, lui, enferme l’Espace.


Kuralaï Abdukhalikova


Co-Production :

L'art dans les chapelles


Aide à la réalisation :

Alexandre Blanluet

Charles-Henry Fertin


Aide à l'installation :

Nicolas Pesquier


Remerciement :

Murielle Schulze


Photographies :

©Matthieu Pilaud

©Laurent Grivet


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